Le cercle du suicide [critique]

Nom d’origine : Jisatsu circlemanga le cercle du suicide usumaru furuya casterman sakka

Auteur : Usumaru Furuya

Année de parution : Jp 2002, Fr 2005

Cible éditoriale : Seinen

Genres : Psychologique/school life/drame/thriller

Nombre de tome : 1 tome de 171 pages

Editeur : Casterman collection SAKKA (page facebook)

L’auteur :

Mangaka usumaru furuya le cercle du suicide litchi hikari club tokyo magnitude 8Usumaru Furuya est un auteur japonais née en 1968, il a exercé dans différents secteurs avant de faire de la bande dessinée. Auteur dans l’atypique magazine de prépublication GARO, il devient par la suite un peu plus « grand public ». Il est connu pour des titres comme Litchi hikari club édité chez IMHO, Tokyo magnitude 8.0 chez Panini manga ou encore L’âge de déraison chez SAKKA également.

L’histoire :

Elle commence par un suicide collectif manga le cercle du suicide usumaru furuya casterman sakkad’une cinquantaine de collégiennes et lycéennes dans une gare de Shinjuku. Elles se tenaient gaiement par la main avant de se jeter sous le premier train qui passa devant les usagers du train qui furent horrifiés du spectacle. Au milieu de ce massacre se releva une fille Saya, ce sera l’unique survivante, c’est une fille simple mais extrêmement tourmentée. Adepte de l’auto mutilation et de la scarification sur les bras, Saya est une fille fragile psychologiquement. Entre prostitution et moments de désespoir elle entretient une correspondance avec une amie d’enfance. Elle s’échange un cahier, un peu comme si elles partageaient un journal intime. Mais Saya devient de plus en plus distante avec Kyoko son amie pour se rapprocher de Mitsuko, une sorte de gourou lycéenne qui sait comment réconforter les filles de son genre. C’est avec cette personne et le groupe qu’elle a formé que se passa le tragique incident. A la suite de cet événement, Saya, se replia sur elle-même avant de vouloir faire revivre Mitsuko au travers d’elle et peut être recommencer ce cercle. Je m’arrêterai ici pour le déroulement du récit pour vous laisser la surprise si l’envie de le lire vous prenait.

Critique, chronique d’un mal être de la jeunesse

manga le cercle du suicide usumaru furuya casterman sakkaPour commencer je parlerai du dessin d’Usumaru Furuya, comme chaque manga qu’il dessine on ne peut que s’émerveiller devant son trait. Même si ce n’est pas son tome le plus abouti dans ce domaine, cela reste clair, fin, précis et merveilleusement atroce par moment (cf le carnage du train). Les thématiques traitées ici sont un peu glauques, on y parle de jeunes filles dont le mal-être est clairement représenté. Saya qui se taillade les bras, les envies suicidaires de chacune, beaucoup de problèmes pour ces jeunes filles en quête d’identité ou de rattachement à un groupe. On a en évidence dans Le cercle du suicide (malgré le fait que ce sot un poil caricatural) des représentations de jeunes adolescents en détresse psychologique, la scarification de ses bras est un signe incontestable (résumé d’un livre traitant du sujet). Saya se prostitue également, c’est un fait qui à priori n’est pas rare pour les lycéennes (article parlant de la prostitution au Japon) Cet élément est rarement évoqué dans les mangas grands publiques, certaines choses restent tabous au Japon et c’est une petite chose dans ce manga mais ça prouve que l’auteur n’a pas froid aux yeux. Ces filles semblent tellement perdues que la parole de Mitsuko arrivera à les regrouper un peu à la manière d’une secte. Ce côté sectaire est aussi bien démontré, cela manga le cercle du suicide usumaru furuya casterman sakkarajoute un sentiment malsain à la lecture surtout quand on voit dès le début du manga quel destin funeste leur est réservé ! Elles se raccrochent à ce qu’elles ont de plus adapté selon elles, la parole de Mitsuki qui les comprend. Le suicide collectif qui est une pratique de plus en plus courante au Japon (article parlant du suicide collectif, fait de société), des personnes prennent rendez-vous pour se suicider ensemble, encore une fois toutes proportions gardées, les problèmes de relations au Japon me laisseront toujours pantois… Attention de ne pas rentrer dans le cliché, des cas de suicides collectifs massifs comme celui-ci restent très rares dans le monde par le passé. Mais ce qui est sûr c’est que dans l’histoire les sectes étaient régulièrement présentes lors de tels actes. Parlons de choses moins morbides, on peut évoquer la relation entre Saya et Kyoko son amie d’enfance. On peut remarquer une scission dans leur amitié, l’une a un petit copain et délaisse naturellement sa copine. Rien d’étrange vous me direz, il semble normal que les copines ne soient plus tout le temps ensemble. Mais pour Saya ça n’a pas le même sens, elle a pris cela comme une trahison, un abandon manga le cercle du suicide usumaru furuya casterman sakkasupplémentaire qui rajoute de la souffrance à celle qu’elle avait déjà. La culpabilité de Kyoko est donc évoquée et chacune raconte leur façon de penser. Est évoquée également l’importance des rumeurs sur internet, car l’aura autour de Mitsuko et Saya par la suite est amplifiée grandement par les blogs et forums qui parlent d’événements particuliers rajoutant un coté mystique aux jeunes filles. On sait tous que sur internet les réputations des jeunes se font et se défont tout aussi rapidement et c’est ici très clairement pointé du doigt avec l’exagération des propos.

Pour conclure,

je dirai que nous sommes en présence d’un manga aux thématiques lugubres mais en adéquation avec les souffrances de certains jeunes japonais. Malgré la gravité du manga le récit se lit très bien et est même très prenant. L’auteur a un don pour nous immerger dans ces histoires et l’ajout de ses dessins est un argument de choix pour lire Le cercle du suicide. Il prouve une fois encore l’étendue de ses capacités à traiter des sujets tous aussi différents les uns que les autres tout en intégrant un élément qui semble le passionner, la vie lycéenne avec les problèmes qui en découle.

L’otaku poitevin

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