L’Arcane de l’Aube [Critique]

L'Arcane de l'Aube

L’Arcane de l’Aube

Nom : L’Arcane de l’Aube / Reimei no Arcana

Auteurs : Toma Rei

Année de parution : 2011

Nombre de tome : 13 tomes

Genres : Fantastique, romance, drame

Éditeur : Kazé

L’Arcane de l’Aube est un shôjo écrit et dessiné par Toma Rei, également auteure des mangas Mysterious Honey et Rokka Melt, eux aussi édité chez Kazé.

Synopsis

Une île est ravagée par les guerres incessantes entre les deux pays qui la dirigent : Senan au nord et Belquat au sud. Pour sceller la paix entre ces deux royaumes, Nakaba, princesse de Senan, est envoyée au pays du sud afin d’y épouser le second prince Caesar. La jeune fille se fait rejetée par son nouvel époux à cause de ses cheveux rouges, apanage des gens du peuple, alors que les membres des familles royales arborent une chevelure d’ébène. Accompagnée de Loki, son serviteur demi-humain, Nakaba développe un pouvoir qu’elle ne soupçonnait pas et devra faire face aux obstacles qui se dressent devant elle.

Critique

Un scénario bien élaboré
Aux premiers abords, on pourrait comparer L’Arcane de l’Aube aux mangas Yona princesse de l’aube ou bien à Shirayuki aux cheveux rouges car les trois histoires ont plusieurs éléments en commun. Comme par exemple, l’époque médiéval, la couleur de cheveux des protagonistes féminines, les conflits entre les différents Royaumes ainsi que la trahison et le mensonge. Ce qui différencie L’Arcane de l’Aube de ces deux autres œuvres est le côté dramatique plus important et également le réalisme des problèmes de cette période. L’histoire se passe à une époque médiévale où conflits entre royaumes fusent pour obtenir le plus de territoires possibles. En plus des guerres incessantes, la discrimination fait partie intégrante des différents royaumes. Il existe des êtres fantastiques mi-humains mi-bêtes appelés demi-humain possédant des capacités supérieures aux simples humains, cependant ces derniers sont réduits à l’esclavage. Les enfants nés d’un métissage entre un(e) humain(e) et un(e) demi-humain(e) sont tués. Les humains nés avec une chevelure blonde, rousse et brune sont considérés comme des paysans, le bas peuple. Ainsi, même parmi les membres de la royauté, certains sont voués à une existence remplie de haine et de mépris. Cette dimension de la haine envers la différence est vraiment profonde et développée tout au long des chapitres. En plus de la haine pour des raisons raciales, il y a également de la jalousie transformée au fur et à mesure en haine. De nombreux personnages ressentent cette jalousie / haine pour diverses raisons notamment pour des raisons sentimentales mais aussi pour des raisons liées aux différentes discriminations. Le racisme est particulièrement important dans les familles royales où la différence se fait ressentir par des brimades, des humiliations et d’autres souffrances. Contrairement à ce que l’on peut penser, le degré de racisme est moindre chez le peuple. La discrimination prend une part importante dans l’histoire mais d’autres thèmes ont aussi une certaine importance. Nakaba, la princesse de Senan, possède un arcane du temps, un pouvoir lui permettant de voir dans le passé mais aussi dans le futur. Les détenteurs d’arcane sont convoités pour leur pouvoir mais aussi haïs. Certains peuples possédant des arcanes se sont fait exterminés. Des précisions se feront par rapport à l’arcane du temps de Nakaba mais malheureusement, il n’y aura que peu d’explication autour des arcanes en général. On fera la découverte que de quelques pouvoirs seulement. Des enjeux stratégiques se feront ressentir après une dizaine de chapitre. L’histoire se base longtemps sur l’évolution de la relation entre la princesse rousse et le deuxième prince de Belquat et ensuite, les enjeux politiques et stratégiques se reposent sur cette relation. Des pactes, des partenariats, des stratagèmes seront fait pour amener les deux royaumes à une paix prospère. De nombreux obstacles se dresseront sur le chemin des jeunes mariés dans leur quête d’une paix entre leur deux pays. Mensonges, trahisons, rancunes, chantages et révélations éclateront au grand jour !

L'Arcane de l'Aube

Nakaba, princesse de Senan

Des personnages profonds
Nakaba est une jeune princesse reniée par sa famille à cause de sa couleur de cheveux. Depuis la mort de ses parents, elle est enfermée dans une tour du château avec son domestique Loki afin que personne ne puisse voir le « déshonneur de la famille ». Elle subit de nombreuses humiliations et petit à petit se vide de ses émotions. Afin de se débarrasser de la jeune fille, la famille royale de Senan l’envoie épouser le deuxième prince du pays voisin, Caesar. Le traitement envers la jeune princesse est pareil dans les deux pays, elle continue à se faire humilier. Pour représenter l’état d’esprit de Nakaba au début du manga, voici une citation tirée du premier chapitre : « Ce pays ou l’autre, pour moi, c’est du pareil au même. C’est juste le lieu de ma mort qui a changé. » Grâce à son arcane du temps, on découvre le passé de la jeune fille et on comprend pourquoi elle est devenue une personne vide et sans émotion. Grâce à sa rencontre avec le prince de Belquat, Nakaba commence à lui ouvrir son cœur et c’est également le cas du jeune homme. Ils se rapprochent rapidement et leur relation évoluera tout au long des chapitres. Cette relation entre Nakaba et Caesar est profonde, sincère et honnête. La jeune fille gardera secret son arcane aux yeux de son époux. Son pouvoir, bien qu’utile, lui provoquera de grande souffrance. Une partie de l’histoire se repose sur l’arcane du temps et son utilisation. A cause de son pouvoir, Nakaba sera confronté à des dilemmes à de multiples reprises. Ce rapport entre la jeune fille et son pouvoir est très intéressant car il montre qu’un grand pouvoir apporte de grande souffrance. Elle hésitera à l’utiliser de peur de souffrir ou de faire souffrir les autres. Connaitre le futur apporte de l’espoir et aussi du désespoir. Caesar, le deuxième prince de Belquat, est un homme comme les autres nobles à la chevelure noire. Il ne désire pas devenir Roi et se rend compte après la rencontre avec Nakaba, qu’il est vide. Le jeune prince n’a pas de but dans sa vie. Caesar se sent rabaissé par les demi-humain car il ne sera jamais aussi fort qu’eux. C’est de sa mère que lui viendra cette haine pour les personnes différentes. Cependant, il change petit à petit et s’assagit au contact de la princesse rousse. On découvrira également son passé grâce à l’arcane du temps. Le dernier personnage principal est Loki, le domestique mi-humain de la princesse. C’est un personnage très mystérieux et il nous réserve de nombreuses surprises et cela jusqu’au dernier tome. La relation privilégiée qu’il entretient avec Nakaba est belle et rend Caesar jaloux. Cependant, cette relation va être tumultueuse, elle fera face à de nombreux obstacles. Bien que Loki ne soit pas le personnage central, ce sera lui qui aura le développement le plus abouti, le plus développé et le plus détaillé. On apprendra beaucoup de choses sur lui à divers moments de l’histoire ce qui le rend mystérieux et attachant à la fois. D’autres personnages, plus secondaires, seront également développés et auront un rôle à jouer dans l’histoire. Il n’y a pas de personnage « déchet » ou décoratif.

L'Arcane de l'Aube

Caesar & Nakaba

Dessins
Les dessins de Toma Rei sont soignés, travaillés, détaillés et magnifiques ! Ils dégagent naturellement les émotions des personnages. On ressent facilement la joie, le bonheur, l’amour mais aussi la tristesse, la souffrance, la douleur et la haine que ce soit par les expressions des personnages ou par les décors, l’ambiance. Il n’y a pas de surplus de décors, ils sont présents là où il y en a besoin et absent là où il ne sont pas nécessaire. Cela permet d’alléger la lecture et de renforcer celle-ci sur les paroles mais aussi les expressions des personnages. De plus, les couvertures des tomes respectent les couvertures japonaises et heureusement, car celles-ci sont justes magnifiques !

En conclusion
L’Arcane de l’Aube est un manga vraiment agréable à lire ! De nombreux thèmes sont abordés tout au long des chapitres. L’histoire est développée et aboutie sur quelque chose de concret. Les personnages sont détaillés, profonds et attachants. De plus, les dessins sont spectaculaires ! C’est un manga à ne rater sous aucun prétexte.

Kuchiha

Commenter, c'est partager