Kill la Kill, le WTF à l’état pur

Kill la Kill couvertureTitre : Kill la Kill

Scénariste : Kazuki Nakashima

Studio d’animation : Trigger

Réalisateur : Hiroyuki Imaishi

Genres : WTF, action, « ecchi »

Épisodes : 24

Source : animenewsnetwork.com





Présentation

Kill la Kill est un anime produit par le studio Trigger. Il est fort possible que ce nom ne vous dise encore rien car il n’a été crée que récemment et ne compte pas beaucoup d’anime à son actif (comme Little witch Academia, petit OAV très sympa)…Mais peut-être que l’excellent Gurren Lagann vous dit quelque chose ? Il se trouve que dans le casting de Kill la Kill, on retrouve plusieurs petits génies ayant travaillé dessus, notamment Hiroyuki Imaishi, réalisateur et Kazuki Nakashima pour le scénario . Avec une équipe pareille, on ne pouvait qu’espérer un anime de qualité et Kill la Kill s’est révélé à la hauteur de notre attente.

Synopsis

Ryūko Matoi est une jeune fille maniant un scissor blade et désireuse de venger la mort de son père, assassiné sous ses yeux. Dans ce but, elle intègre la prestigieuse académie, Honnouji, dirigée par la tyrannique Satsuki. Elle plonge alors dans un monde impitoyable où règne la loi du plus fort. Démunie face aux autres élèves, elle se fait très vite rétamer la face. En effet, les autres élèves possèdent des uniformes Goku, qui leur offrent des pouvoirs surhumains. Triste et abattue, elle se recueille dans son ancienne maison. Elle tombe alors sur une mystérieuse pièce où se trouve un uniforme scolaire: Kamui Senketsu : il est vivant et il adore le sang de Ryūko. Après une discussion « calme et respectueuse », ils font un pacte et s’unissent pour le meilleur comme pour le pire…En avant l’aventure !

Ma critique

Kill la Kill

Cela ne vous rappelle pas les uniformes nazis?

L’univers de Kill la Kill prend place dans un Japon dystopique. L’histoire se concentre sur l’Académie Honnōji et la ville qu’elle administre. D’entrée de jeu, son caractère militaire et fasciste est mis en avant. L’épisode un commence par un cours d’histoire sur le nazisme, puis un élève est châtié pour avoir volé un uniforme. Enfin, dans une mise en scène magnifiquement orchestrée, la présidente du conseil des élèves, Satsuki, apparait et prononce un discours au allant dictatorial : « La terreur c’est la liberté, le règne c’est la délivrance, la contradiction c’est la vérité, ainsi est la réalité de ce monde ».  De plus, son organisation est très hiérarchisée: tout en haut vient, Satsuki Kiryūin qui elle-même obéit à une autre personne, puis vient après le Conseil des Quatre (Pokémon is back), puis les chefs de clubs et ainsi de suite. Posséder un rang élevé a une grande importance: plus vous êtes gradés et plus votre famille vivra dans un appartement luxueux car l’académie est plus qu’une simple école; c’est une véritable ville. Les uniformes Goku, symbole de la puissance, sont données qu’au compte-goutte aux plus méritants. Plus l’utilisateur a un rang haut, plus on lui confiera un uniforme puissant. A l’instar de la majorité des anime se passant dans un lycée (ici une académie),  les différents clubs ont un rôle central. Ils sont variés et ont tous leurs propres caractéristiques : le jardinage, la musique, le tennis et il existe même un club chargé de faire régner la discipline  (parfois brutalement). Ils ont tous des techniques de combat qui leurs sont spécifiques : le club de tennis et son chef ne se battent qu’avec des balles de tennis. Cette variété permet à l’anime d’avoir une certaine loufoquerie dans les combats rappelant un peu One Piece et ses fruits du démon. Par exemple, le club de discipline se bat qu’à coup de règlements disciplinaires, un livre où est contenu toutes les règles de l’académie (et ça fait vachement mal !!!).

Ryuko Matoi image

Ryuko Matoi

Dans cet univers formaté que rien ne semble pouvoir ébranlé débarque alors une jeune fille dynamique, Ryūko. Elle est persévérante et tenace à l’image de certains héros de nekketsu. On s’y attache très vite et on suit avec plaisir son combat contre le système de l’académie. Arrivera-t-elle à démasquer l’assassin de son père et à l’éliminer ? Pourra-t-elle faire changer le système ou finira-elle par ce faire absorber ? On apprécie que l’héroïne soit une fille, cela nous change agréablement des Luffy et Goku qu’on voit tant. Malheureusement ce pas en avant représente également trois pas en arrière. Le  Fan Service ecchi la réduisant parfois à une paire de sein sur patte, rappelant désagréablement Erza de Fairy tail.

Kamui Senketsu, l’uniforme de Ryūko n’est pas seulement une arme. Contrairement aux uniformes Goku de l’Académie, il est doué de conscience et participera aux réflexion et aux doutes  qu’aura Ryūko durant l’anime. Il apporte également une touche humoristique à l’anime. En plus de cela, le scénario tourne beaucoup autour de ces uniformes et permet à l’anime d’être plus qu’une histoire de vengeance. De nombreuses questions demeureront et trouveront leurs réponses au fil de l’intrigue: pourquoi Senketsu peut-il s’exprimer et pourquoi Ryūko est-elle la seule à le comprendre ?

Kill la Kill Sazuki

Inclinez-vous devant ma puissance!

Satsuki représente la dictature, c’est la « méchante ».  Ses caractéristiques de bases sont communes à beaucoup d’autres méchants d’anime. Elle est cruelle, sévère et elle a une vision péjoratif des êtres humains. Elle traitera souvent ses élèves de « porcs en uniformes ».  Mais Kill la Kill ne joue pas pour autant dans la facilité, bien au contraire. Il s’évertue à lui donner des qualités comme reconnaitre le travail et le mérite.  Elle évoluera tout au long de l’anime avec de nombreux rebondissements. Ses motivations sont également mystérieuses : régner sur le monde, le rendre meilleur à la manière de Pain, le mettre à feu et à sang pour son plaisir personnel?

La famille qui recueille Ryūko est 100% barjo. Le père se présente comme un docteur charlatan ayant déjà tué plusieurs clients. Mais comme il le dit lui-même : les morts ne portent pas plainte…La mère est une bonne ménagère, tenant à cœur son rôle et nettoie les habits au détriment parfois de Kamui Senketsu, qui n’apprécie pas le lavage.
Le frère est un voleur récidiviste au grand dam de sa mère. Lui comme son père aime mater Ryūko à poil. Mais elle ne se laisse rarement faire et les coups de poings pleuvent. Mako, l’amie de Ryūko complète cette famille déjantée et si il y a bien quelqu’un de déjanté, c’est bien elle ! Elle débarque en pleine baston dans une mise en scène des plus débiles, sans armes pour arrêter Ryūko ou ses adversaires. Elle s’affirme également comme une cancre. Elle sourit presque tout le temps, adore manger et fond littéralement devant l’argent. Il ne faudrait pas non-plus oublier Guts, le chien super-héro!

Kill la Kill

Sisi la famille

Cette famille pauvre représente les oubliés ou les rejetés du système. Elle rappelle tristement les bidonvilles des capitales, une manière de montrer que le capitaliste n’a pas que des qualités. Mais parallèlement et comme on l’observe dans de nombreux films, séries…cette famille respire la joie et le bonheur. Les croquettes mangées chaque jour comme repas sont « délicieuses » et la cuisinière toujours complimentée pour son talent…Or, il est évident que ces croquettes doivent être à peine mangeables. Cette famille détonne aussi avec les autres personnages ambiants. D’un côté, elle fait partie de la masse populaire, celle qui subit. Et de l’autre, elle est expressif et a une âme propre.

Les autres élèves de l’Académie sont présentés comme des moutons. Leurs chara-design se ressemblent tous, ils n’ont aucune réelle particularité et se comportent tous de la même façon. Ils obéissent au doigt et à l’œil à Satsuki et ont pour principal ambition l’argent et le pouvoir. Ce dévouement aveugle pour leur cheffe n’est pas sans rappeler les Jeunesses hitlériennes de la Seconde Guerre Mondiale. On peut donc y voir une critique de la société, de l’être humain et du fascisme : suivre sans réfléchir, boire les paroles des politiciens, le profit et le pouvoir comme seul préoccupation.

Kill la Kill zombie

Bienvenu à zombieland

Au niveau du graphisme, Kill la kill détone par l’utilisation massive d’Harmony Cels. Ces arrêts sur images démontrent un manque de budgets flagrants. Toutefois, ils sont parfaitement intégrés à l’ambiance de l’anime et ils accentuent le côté déjanté de Kill la Kill. Il pousse ainsi encore plus loin le délire que son prédécesseur, Gurann Lagann et s’annonce donc comme une petite révolution. Le jeu de lumière et de couleur est très bien employé et marquera la rétine de vos yeux à jamais. Ils peuvent vite souffrir de cette dense coloration. Évitez donc de vous lancer le défi de « Je finis cet anime en une journée ». Vous serez juste bon pour l’ophtalmologue.

Kill la Kill Fan service

Mettez la carrément à poil…

Le Fan Service ecchi présent tout le long de l’anime fait partie du délire de Kill la Kill. Il est surtout à titre humoristique. Les personnages eux-mêmes se moquent de leurs tenues. Ryūko se fera ainsi traité de perverse et d’exhibitionniste par son amie Mako. Néanmoins, certaines blagues sont vues et revues. Les ecchi en ayant fait leur leitmotiv. De plus, il y a une scène de très mauvais goût à l’épisode un : lorsque Kamui Senketsu devient l’uniforme de Ryūko, on a la désagréable impression qu’il la viole. Le What the fuck a quand même des limites. Je ne vois pas spécialement ce qu’il pourrait y avoir de « fun » là-dedans.

Néanmoins, Kamui Senketsu étant un vêtement, cela aurait pu symboliser l’emprise de la mode sur les femmes. Si j’utilise « aurai pu », c’est parce que Ryuko ne semble pas beaucoup s’offusquer ou en tout cas, ses plaintes ne sont pas prises au sérieux. Elles s’attachent même à Kamui (syndrome de Stockholm me voilà), cette scène de viol n’était donc vraiment pas utiles. Toutefois, la dénonciation de la mode peut quand même se retrouver dans la suite de l’anime car l’emprise des vêtements sur les humains sera présent tout le long, sous une forme certes What the Fuck, mais présent tout de même.

Ensuite, la nudité présente dans l’anime touche tous les personnages tous sexes confondus. Contrairement à beaucoup d’anime, il n’y a pas que les femmes qui se retrouvent déshabillés. Il y a donc une égalité des sexes sur ce plan là. De plus, deux de ses personnages principaux sont féminin. Ça peut paraitre anodin, mais il y a très peu de nekketsu avec un personnage féminin comme protagoniste principal. On peut noter Chihayafuru ou Jeanne et Serge. Mais Kill la Kill fait encore mieux qu’eux car il ne contient aucune romance ! Et oui, une fille n’a pas forcément besoin d’un prince charmant pour atteindre ses objectifs…

Cependant et comme on pourrait l’attendre du réalisateur de Gurenn LagannKill la Kill réussit à l’intégrer pleinement dans son scénario, chose plutôt rare. En effet, les vêtements ont une place scénaristique importante. Si Ryūko est souvent à poil, c’est qu’il y a une raison particulière et pas seulement pour faire craquer les ados prépubères.

En conclusion, Kill la Kill est un anime WTF à ne pas louper. Les personnage sont bien développés, que se soit par son héroïne, Ryūko, l’uniforme scolaire, Kamui Senketsu ou encore la dictateur Satsuki. Son scénario est poussé et il traite de thématiques sérieuses comme le fascisme. En plus de cela, il possède un graphisme particulier qui vous marqueront à jamais et des OST bien foutues. Seul petit bémol : son Fan Service ecchi et gore trop présent. Mais ce petit défaut ne pourra à lui-seul bouder notre plaisir. Trigger est manifestement un studio à suivre, ne serait que par les talentueux membres qui le composent.

L’opening ne m’a pas paru exceptionnel, il lui manque cette folie caractéristique de l’anime. Il en est pas pour autant mauvais.

Sources (images): toutes les images sont tirées de l’anime lui-même

Path

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Cet article a participé au concours Otaku attitude 2014

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