J’ai 40 ans, je lis des mangas et je vous…

Bonjour à tous, j’ai 40 ans
Je lis des mangas et… En fait j’ai pas vraiment 40 ans mais je me voyais mal commencer mon speech en disant « Bonjour à tous… J’ai 38 ans et demi… et je lis des mangas. Ça collerait moins non ? C’est moins vendeur ! Là en disant 40 ans les gens ils se disent encore un mec qui fait sa crise de la quarantaine, retour en enfance tout ça tout ça… Il y a quelque chose qui pourrait interpeller les gens, la crise de la quarantaine par exemple, les gens pourraient imaginer qu’il y a un lien. C’est vrai que ça interroge la crise de la quarantaine, ceux qui n’y sont pas encore s’imagine plein de choses et ceux qui l’ont eu font office d’anciens combattants, en mode je suis l’unique survivant du Battle royale. Du coup si on interpelle avec le titre c’est 50 % du boulot de fait… (attention statistiques fondées sur un échantillon de une personne, MOI). J’en étais où ? Ah c’est vrai j’ai pas commencé ! Tout ça pour vous dire que ce texte est une sorte déversoir, je vais y mettre mes impressions, ce que j’aime, ce que je n’aime pas et d’autres horreurs autours de moi et du manga (non ce n’est pas un égotrip !). Vous, lecteurs, serez les témoins de ce qui me passe par la tête et fini au bout de mes petits doigts dans un cliquetis de clavier d’ordinateur portable bon marché, car oui, je ne suis pas riche. Je vais écrire, non pas une critique, non pas une analyse, mais plutôt un texte qui s’apparente à mes mémoires, lisez le comme si je m’adressais directement à vous.

J’ai 40 ans et je lis des mangas, c’est quoi le problème40 ans kamehameha me direz-vous ? Ben moi ça ne m’en pose aucun ! Mais à priori pas mal de gens qui m’entourent comprennent pas vraiment pourquoi je lis ça. Pourquoi ça m’intéresse alors que c’est un truc de gamin. Vous trouvez que c’est un truc de gamin vous ? C’est quoi qui vous semble « gamin » dans les mangas ? Je vais prendre l’exemple des ninjas,… ça vous fait pas rêver les ninja ? Vous n’avez jamais essayé des techniques de permutation ? Non mais sérieusement, que quelqu’un me dise qu’il n’a jamais essayé de faire un kamehameha ! Allez un peu de courage, j’attends vos com. Plus sérieusement, bien évidemment qu’il y a une majorité de jeunes qui lit les mangas parce que beaucoup de mangas sont faits pour les plus jeunes, le genre qu’on retrouve le plus, le shonen, en fait ce serait plutôt le nekketsu, shonen étant une cible éditoriale, pour les jeunes gens. Pour prendre large 10 à16 ans quoi, donc c’est logique que le grand public ait une représentation du manga plutôt pour les jeunes. Mais la fameuse génération club Dorothée dont je fais partie a une appétence pour ce type de lecture. Si ce n’est la lecture de manga ils auront un côté nostalgique, avec les jeux vidéo ou les mobylettes, ou encore je sais pas quoi. Donc quoi d’anormal que de vouloir lire des mangas à 40 ans ?

CE QUE J’AIME DANS LES MANGAS

40 ans manga Daisuke IgarashiEt puis je vais vous dire ce que j’aime dans les mangas. Dejà, les dessins. Je ne dessine pas, j’ai déjà essayé sincèrement, mais quand je dessine on dirait qu’un gaucher à tenu le crayon avec son pied droit… Franchement c’est dégueulasse ! ça ressemble à rien (un peu comme krilin). Du coup j’adore les mangas qui ont un dessin mortel, de qualité devrais-je dire. Il y en a plein, exemple : berserk vagabond, one punch man, les mangas de Usamaru Furuya ou encore de Daisuke Igarashi… Des fois l’histoire elle est bidon du coup je suis trop blasé quand je lis mon manga, je kiff les planches mais je me dis pourquoi il fait ça ce type ? Et la grognasse elle peut pas se servir de son cerveau un peu ?! Juste du lobe droit ça suffirait… En fait c’est mon côté vieux con ça… Faut que je râle, franchement je suis bon public mais quand un auteur joue trop sur les clichés ça me fout en rogne ! Pareil avec le fan service !

Je vous fais ma définition du fan service, les situations que veulent voir absolument les lecteurs, les jeunes filles ultra naïves à fortes poitrine, les situations ou le perso principal fait tomber toutes les nanas à ses pieds, pour les filles des romances triangulaires à l’eau de rose etc. Du coup si les dessins défoncent tout c’est un vrai plus mais s’il y a une histoire de daube, je laisse très vite tomber. Ça devient une sorte de supplice. C’est comme si tu gagnes des places pour aller au cinéma mais tu dois te taper un film Yougoslave. T’es partagé entre la joie d’avoir une place de ciné gratos et le dégoût du film. Du coup avec l’âge et l’expérience (tu sens le mec qui se la raconte là…) et bien on fait un peu plus attention au scénario du manga, la construction des personnages, la narration, les subtilités dans la mise en forme etc. Donc même si l’histoire elle claque, que c’est passionnant et tout mais que le dessin est moyen, et bien ça passera. Des fois, le dessin il est étrange mais c’est un parti pris. C’est un concept comme dirait les pseudos élites. Et puis on peut parler du dynamisme qu’on retrouve dans les mangas. C’est immersif, ça bouge, on se croirait dans un film. Ça ! C’est ce qui fait que le manga marche si bien en France. C’est ce qui fait aussi qu’à 40 ans je ne me lasse pas d’en lire. La petite guéguerre BD franco-belge VS manga qu’on peut entendre par les fans extrémistes. « Le manga ça se lit à l’envers c’est pas de la BD, on comprend rien, c’est violent » (fallait bien la placer celle-là). Et de l’autre côté (voix de bouffon qui mut) « tu délire Maïkeule ! LA BD c’est tout pourri , t’as que 40 page par tome c’est l’arnaque. Et puis t’as vu les super pouvoir qu’il y a dans les mangas, il y a pas ça avec tes trucs ». BREF des arguments de personnes limitées cognitivement. Il faut s’ouvrir les gens et ne pas cracher sur les kiffs des autres bordel !!

Calmons nous, ce que j’aime dans les mangas aussi c’est les thématiques plus sérieuses, plus mûres on va dire, il y a d’excellentes critiques sociales, il y a des choses assez complexes à comprendre parce qu’au Japon il y a des données qu’on n’a pas en France. La fameuse pression sociétale, les problèmes de relation sociales entre les japonais, enfin plein de choses comme ça. Mais c’est aussi ce qui fait la richesse des mangas c’est qu’on peut se retrouver avec une vraie photographie de la société nippone à travers le coup de crayon de l’auteur. Un artiste comme Inio Asano fait des titres géniaux en incluant ces éléments que je viens de vous citer. Dans un style un peu différent Usamaru Furuya, lui cherchera à gratter les difficultés psychologiques des japonais. Tout ça me fascine mais en même temps ce que j’adore aussi, c’est des bons gros mangas bien badasses, avec de la baston, le pouvoir de l’amitié et les trucs débiles à prendre au 8 ème degré ! Je pense que mon côté un peu débile je le dois à un dessin animé qui passait à l’époque : Le collège fou fou fou…J’ai perdu 10 point de QI avec ça moi. Il m’a fallu une rééducation longue et difficile pour récupérer un niveau correct. Il m’en reste un peu d’ailleurs, si vous me voyez taper des poses chelous dans la rue ou au travail, vous demandez pas ce qui m’arrive ! C’est juste une réminiscence !

40 ans manga wtfAutre chose qu’on peut trouver dans les mangas et au Japon en général, c’est le What the Fuck. Le WTF japonais est réputé pour être le plus déjanté au monde, les publicités, les jeux TV et les mangas. Je vous en cite un, Ladyboy VS Yakuza. Une histoire génialement folle de vengeance d’un boss yakuza qui va enlever, mettre dans un coma artificiel, changer le sexe de son garde du corps qui s’est tapé sa femme. Rien que ça… Et c’est pas tout, il le met dans une île où il a pris le soin d’y placer les plus grands criminels sexuels du Japon qui auront le droit à la liberté s’ils arrivent à le violer… Oui on en est là, c’est dinguissime. C’est du WTF japonais et Akata (la maison d’édition qui le publie) l’a compris, il y a du public pour ces lectures. Du coup ils ont créé une collection dédiée, la collection WTF.

Un aspect qui me passionne dans les mangas malgré mon âge avancé, c’est la capacité des mangakas à se servir des anciens récits pour leurs histoires. Que ce soit des récits mythologiques traditionnels japonais ou plus occidentaux, ce vivier rend les scénarios riches et diversifiés. Le meilleur exemple pour les gens de ma génération c’est Saint Seyia (Les Chevaliers du zodiaque), on réinterprète la mythologie grecque, nordique ou encore les constellations. Là, on s’aperçoit sous quelle forme cela peut être fait. Dans un autre grand manga, Naruto pour le citer, l’auteur s’est servi de légendes japonaises, le renard à neuf queues, Izanagi, Izanami, Orochimaru est vaincu par le susanoo de Sasuke, le trio Jiraya/Tsunade/orochimaru et bien d’autres encore. On a ici une mise en lumière de légendes japonaises pour le jeune public japonais et pour nous, occidentaux, une vulgarisation de ces comptes.

Un autre manga, bien moins connu va reprendre des légendes et mythes du monde entier, il s’agit de Saru de Daïsuke Igarashi, lutte contre le bien et le mal, réinterprétations d’anciens écrits… Ce manga a vraiment une atmosphère particulière et un dessin de toute beauté.

40 ans manga sportLes mangas de sport, j’adore ce style de manga, étant un ancien sportif de bas niveau je me projette corps et âme dans ces lectures. Même s’ils ne font pas preuve d’originalité dans leur traitement et scénario, je ne peut pas m’empêcher de me projeter quand je lis ces mangas. Quand je lis (relis) Slam Dunk, je pousse quand le héros saute, j’ai les sensations du ballon dans la main quand ils dribblent, j’entends les sons des chaussures des impacts du ballon qui rebondit etc. Quand je lis un manga sur le sumo, pareil ! Je pousse, je retiens ma respiration, je suis content quand le combat se finit bien. Je ne fais pas que lire, je vis l’histoire et les mangas de sports me procurent quasiment tous ces sensations.

AVEC QUI JE PARLE DE MANGA

Un jour je me suis dit je vais démontrer à mes collègues de travail 40 ans librairie mangaque le manga est rentré dans la culture populaire. Je me suis dit je vais faire une enquête ! Oui je sais j’ai des lubies étranges. Je vais leur demander de me donner 3 noms de mangas. Je pensais vraiment que les jeunes ça leur ne poserait pas de problèmes. Et bien je me suis mis le doigt dans l’œil jusqu’à l’épaule ! Il y en a pleins, je vous assure ça fait beaucoup jusqu’à l’épaule ! Ils ne pouvaient pas m’en dire un ! J’ai eu envie de leur mettre mon épaule dans la tronche, mais je me suis dit : « Gé ! du calme… Ils sont jeunes ils ne se rendent pas compte qu’ils en connaissent forcément. » Alors je leur donne un ou deux exemple. « Tu sais dragon ball, tu connais dragon ball ? » et là ils me sortent : « Ahhhhh, Dragoooooon Ballllllll ! » Oui Dragon ball. « Fallait me le dire que c’était un manga !! » Je leur dis «  Mais Jeune ! (oui je les appelle jeune, c’est mon devoir de vieux 😉 )Tu sors d’où !? OK à Poitiers c’est pas une grande ville et aux alentours il y a pas mal de campagne, mais on a la télé depuis pas mal de temps ! On a même internet ! »

L’internet, merci l’internet, du coup c’est vrai que je parle souvent de manga avec des gens d’internet, forum, réseaux sociaux etc. Du coup c’est un peu comme ça que j’ai commencer à écrire des chroniques sur internet, pour parler de manga. Et vu que j’aime bien donner mon avis, ça m’a permis de le faire, de manière très maladroite au début, mais de fil en aiguille j’y ai vraiment pris goût et développé ma plume (mon clavier). Ça m’a permis de faire connaissance avec des gens super sympas, intéressants et pour certains très chiants et arrogants mais au moins j’ai pu parler, échanger, apprendre ou découvrir pleins d’aspects différents du manga grâce à ces personnes.C’est bien mais c’est chiant de parler avec des gens éloignés du coup lorsqu’il y a des festivals, de temps en temps je peux rencontrer des personnes de l’internet en vrai, des rencontres parfois fugaces ou parfois un peu plus longues permettant d’échanger un peu plus.
L’avantage de ne pas avoir changer de région tout au long de sa vie, c’est que tu connais des gens depuis très longtemps. Et eux aussi ont grandi avec les mangas donc on a très souvent des discussions autours de nos BD qui se lisent à l’envers. Quand l’un file un coup de main pour repeindre une pièce, on en place une sur quelle série commencer, si ce manga vaut le coup etc. Donc les vieux potes ça reste une valeur sûre, même si certains ont des goûts douteux ou ont des manies avec leurs séries ou mangas, on peut toujours se retrouver et causer manga.

Parfois, il y a des gars que je rencontre qui me jugent quand je dis que je kiffe les mangas. En général, je change de mode. Je me mets en mode argumentation/diplomatie niveau expert et je commence à lui expliquer deux ou trois éléments de compréhensions pour lui faire rentrer dans sa cervelle. Parfois l’entrée est un peu étroite donc faut insister un peu mais très souvent son point de vue change et il repart avec une liste de mangas à tester.

EN CONVENTION

40 ans convention mangaVous connaissez les conventions mangas, Japon, ces trucs ou les gens vont déguisés en Naruto ou en écolière en mini jupe (quoi des clichés ?). Et bien j’ai découvert assez tardivement cet univers. Mais j’aime y aller, au-delà de l’odeur de l’argent, parce que les motivations des organisateurs sont assez souvent orientés dollars, on ressent la passion de ceux qui viennent. Que ce soit les visiteurs ou les exposants, dans l’ensemble l’amour de ces univers y est présent et ça permet de rencontrer d’autres fans venant d’horizons très différents.

Des fois il peut m’arriver de m’enflammer en parlant à un jeune, et là, la gueule des jeunes quand je leur parle de manga et que j’aborde les problèmes de démographie au Japon causés par un dysfonctionnement des interactions sociales traité par la plupart des mangakas ! (Les gars timides quoi ?). J’avoue ils doivent me prendre pour un taré, mais rappelez-vous ils m’en reste un peu (Kimengumi syndrom). Du coup j’ai pu rencontrer des gens pas très loin de chez moi qui organisent une convention tous les ans. Maintenant je fais parti de l’organisation d’un festival associatif, ça me permet d’apporter ma pierre à l’édifice et d’apporter mon expérience et mes goûts dans cet événement.

Quand je fais mes emplettes dans le rayon manga, parfois je sens des regards insistants sur moi. Je regarde et je vois des jeunes qui remettent leur nez dans le manga qu’ils lisent. Ils doivent se dire qu’est ce qu’il fout là lui. Du coup, vu que j’aime bien parler, parfois je les aborde, ça me fait rire, sont trop mal à l’aise. Je leur dis « vous lisez quoi les jeunes ? » Je fais mon Pascal Le grand frère, je leur donne deux ou trois pistes pour varier leurs lectures, ils me parlent de titres qui ne m’inspirent pas forcément au premier abord. On échange quoi ! C’est ça que j’aime bien aussi, pouvoir parler de ce que je veux à qui je veux et le manga peut le permettre.

 

Pour finir,

j’ai 40 ans,

je lis des mangas…….

Et je vous …..

Incite à faire de même. MERCI à vous pour avoir lu ces quelques mots sur ma life !

Gé L’Otaku Poitevin

 

Concours Sama Awards

12 réflexions au sujet de « J’ai 40 ans, je lis des mangas et je vous… »

  1. Bon…j’ai pas 40 ans – ou 38 ans et demi – mais ça été un plaisir de lire ta petit histoire 🙂 J’ai vécu également à Poitiers. Trois ans, pas super méga long, mais j’y ai découvert de superbes librairies, notamment « Bulle d’Encre ».
    J’aime beaucoup tes articles. J’espère que tout ce passera bien pour toi pour les Sama Awards ! Bonne chance 🙂

    A plus !

    • Et bien merci pour ton petit mot, venant d’une ancienne pictavienne ;p
      Les sama c’est toujours une petite excitation, même si je n’ai pas de prix c’est pas grave.
      J4ai d’autres articles en stock mais moins de temps et de motiv pour les poser à l’écrit

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